Drogues et dépendances

Introduction

Quelques chiffres…
Selon l'enquête menée par la LMDE en 2008, 6 étudiants sur 10 déclarent consommer fréquemment de l'alcool. Côté tabac, un quart des étudiants se déclarent fumeurs et plus de 18 % sont des fumeurs réguliers.
Les résultats de l'enquête menée par l'ESCAPAD en 2008 indiquent que 43 % des jeunes de 17 ans ont déjà consommé du cannabis.
Malgré les campagnes de sensibilisation, la consommation de drogues, d'alcool et de tabac demeure à un niveau relativement élevé chez les jeunes Français, comme le montrent les chiffres de l'Institut national de prévention et d'éducation à la santé (INPES). Tabac, alcool, drogues… de telles habitudes comportent évidemment des risques, d'abord pour la santé : troubles respiratoires, élévation du risque d'avoir un cancer du poumon, des problèmes cardio-vasculaires, etc.
Mais les effets peuvent aussi être immédiats. En particulier, trop boire d'alcool peut entraîner un coma éthylique, une perte de connaissance loin d'être anodine puisqu'elle peut conduire à la mort si l'individu n'est pas pris en charge à temps - sans compter les accidents de la route dus à la consommation au volant.

L'action des drogues sur le cerveau

Les drogues sont des psychotropes, ou substances psychoactives, c'est-à-dire qu'elles agissent sur le fonctionnement psychique des hommes dont elles peuvent modifier la perception, le comportement, l'activité mentale ou encore l'humeur, ce qui n'est évidemment pas sans danger pour celui qui les consomme, mais aussi pour son entourage.
L'action des drogues se focalise sur les neurotransmetteurs, ces substances secrétées par les neurones qui permettent la connexion (synapse) entre les dizaines de milliards de neurones présents dans notre cerveau : c'est cet influx nerveux qui assure la communication des informations.
Selon leur composition chimique, les drogues peuvent agir de trois manières différentes :
  • Certaines, dont la structure moléculaire est proche de celle des neurotransmetteurs naturels, se substituent à eux et s'installent à leur place dans les récepteurs, brouillant ainsi le message envoyé.
  • D'autres ont pour effet d'augmenter la sécrétion d'un neurotransmetteur. C'est le cas par exemple de la cocaïne qui augmente la présence de dopamine dans la synapse.
  • Un dernier type d'action réside dans le blocage au contraire de la sécrétion d'un neurotransmetteur. Ainsi, l'alcool inhibe les récepteurs appelés NMDA, qui jouent un rôle majeur dans la transmission de l'influx nerveux.
On classe en général les drogues en trois catégories, en fonction de leurs effets sur le système nerveux :
  • Les stimulants augmentent l'activité du cerveau et diminuent la sensation de fatigue et de sommeil. Il s'agit de substances comme la cocaïne et amphétamines notamment, mais aussi, dans une moindre mesure, la caféine et la nicotine présente dans le tabac qui ont un effet excitant.
  • À l'inverse, les dépresseurs diminuent l'activité du cerveau, ce qui peut donner un sentiment de calme, de relaxation, voire provoquer l'endormissement. L'individu est alors beaucoup moins conscient ce qu'il fait et de ce qui l'entoure. L'opium, la morphine et l'héroïne font partie de cette catégorie de drogues.
  • Les perturbateurs quant à eux sont des substances hallucinogènes, comme par exemple le cannabis et ses dérivés (haschich, marijuana, THC, etc.), le LSD, la mescaline, ou le PCP (phénylcyclidine), également appelé « poudre d'ange ». Les perturbateurs entraînent des altérations du fonctionnement du cerveau, en particulier de l'humeur, de la perception et des processus cognitifs comme la mémoire ou l'apprentissage.

Le cercle vicieux de l'addiction

« Je suis jeune et en bonne santé, je ne crains rien ! Et puis, je saurai m'arrêter quand il le faudra… » Ces phrases, on les entend couramment quand on parle de drogues et leurs auteurs sont généralement de bonne foi, intimement convaincus de ce qu'ils disent. Mais la réalité est loin d'être aussi simple.
Il faut distinguer la consommation occasionnelle quand les effets sont ponctuels, et l'abus lorsque ces effets sont présents mais que l'on consomme tout de même : on sait que l'on prend un risque, mais on le fait malgré tout.
Quant à la dépendance, elle survient quand on veut s'arrêter mais qu'on ne peut pas, malgré le fait d'être conscient que ce n'est pas bon pour la santé.
Mais, il faut le savoir : nous sommes inégaux devant le phénomène d'addiction. Si la génétique entre ici en ligne de compte, nous avons également des périodes de plus ou moins grande vulnérabilité, en fonction des événements de la vie, mais aussi du stress.
La puberté est ainsi une période au cours de laquelle on tombe plus facilement dans la dépendance en raison de la forte activité des cellules cérébrales.
Pour mieux comprendre ces phénomènes et l'action des psychotropes sur son propre organisme, il est ainsi important de se poser sans mentir des questions concrètes : que recherche-t-on en consommant telle ou telle substance ? Qu'a-t-on vraiment apprécié ? Et surtout, qu'a-t-on ressenti quelques heures après ou le lendemain ?

Ce que dit la loi française

L'usage du cannabis, comme des autres stupéfiants, peut être puni d'une sanction pénale pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 3 750 euros d'amende.
Par ailleurs, vendre ou donner des produits stupéfiants à des amis, quelle que soit la quantité, est considéré comme du trafic, qui peut induire des peines allant jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. De même, cultiver ou fabriquer des stupéfiants, mais aussi en exporter ou en importer sont également assimilés à du trafic.
D'autre part, la conduite sous l'influence de stupéfiants est interdite : la peine maximum s'élève à 4 500 euros d'amende et 2 ans de prison. Pour la conduite en état d'ivresse (au-delà de 0,5 g d'alcool par litre dans le sang), la sanction grimpe à 9 000 euros et 3 ans de prison.