Préservez votre sommeil

Dormir : pour quoi faire ?

Dormir, manger ou boire sont des fonctions indispensables. Dormir permet d'évacuer fatigue physique et psychologique et de recharger ses batteries. Privés durablement de sommeil, on deviendrait fous et on mourrait.
Et pendant le sommeil, on rêve ! On évacue ainsi tout ce qui encombre le cerveau, les pensées inachevées, les fantasmes qu'on n'ose pas formuler. On stocke aussi les informations utiles. Qui n'a pas fait l'expérience de la leçon relue avant de s'endormir et bien mémorisée le lendemain matin ?
Drôles de somnambules !
Bien qu'endormies, certaines personnes se lèvent, marchent, parlent pendant la nuit. Il arrive même parfois qu'elles prennent leur voiture ! Il s'agit en fait de comportements automatiques dont les causes sont souvent génétiques. Mais le stress, le manque de sommeil, ou encore un effort physique plus important que d'habitude, peuvent aussi favoriser le somnambulisme qui se manifeste plutôt chez les enfants. Pas de quoi s'inquiéter si cela reste ponctuel. En revanche, si ces épisodes se répètent, n'hésitez pas à aller consulter un médecin.

Les signaux à écouter

Si vous vous mettez à bailler ou à somnoler, inutile de vous sentir coupable, écoutez les signaux de votre organisme. C'est le moment idéal pour se coucher et s'endormir. Pour ne pas piquer du nez en cours, il est préférable de ne pas avoir accumulé de retard de sommeil. En principe, après une bonne nuit, on doit pouvoir tenir toute une journée sans sensation de fatigue.

Besoin de sommeil ?

Selon des études effectuées auprès des lycéens, il apparaît qu'un lycéen dort en moyenne 8 heures par nuit pendant la semaine, 9 h 30 pendant le week-end et… 10 h 30 pendant les vacances scolaires. On peut en déduire qu'en période scolaire le compte d'heures de sommeil n'y est pas et que week-end et vacances permettent de rattraper le retard accumulé.
Les adolescents raccourcissent leur temps de sommeil alors que les besoins n'ont pas diminué. Il y a une tendance biologique à s'endormir et se réveiller plus tardivement à l'adolescence, alors que paradoxalement, les cours commencent souvent tôt le matin. Pour les adolescents et les jeunes adultes, il faut encore 9 h 15 de sommeil par nuit pour satisfaire l'organisme.

Les 4 phases du sommeil

Le sommeil se décompose en 4 phases successives. La 1re est celle du sommeil léger, de l'endormissement. La 2e conduit au sommeil lent et profond, l'activité cérébrale se réduit mais le sommeil reste sensible au bruit. Pendant la 3e, les muscles sont totalement relâchés, la respiration est lente et régulière. C'est pendant la phase 4, celle du sommeil paradoxal, que se déroulent les rêves.

Manque de sommeil et après ?

Se coucher super tard n'est pas une performance sportive ni un signe apparent de maturité ou d'autonomie. Et difficile d'être performant au lycée quand on se traîne au radar jusqu'à sa classe. Inutile de croire que ça va se passer pendant la journée… ça ne va qu'empirer.
Il n'y a pas que les nuits blanches qui « cassent », une privation même modeste de sommeil et répétée (5h ou 6h par nuit) abaisse significativement les résultats scolaires.
Portrait type du zombie : fatigue, perte d'énergie, lassitude, troubles de la concentration et de l'attention, difficultés d'adaptation, réactions lentes, inadaptées, diminution des performances, nervosité, irritabilité, instabilité et même… manque d'appétit sexuel.
Le saviez-vous ?
Les Français en manque de sommeil : c'est le résultat d'une enquête menée en 2007 par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES). « 2 % déclarent souffrir d'insomnie et 17 % accumuler une dette chronique de sommeil. Ces derniers dorment en effet 5 h 48 contre 7 heures en moyenne. 45 % considèrent ne pas dormir assez. Les raisons incriminées sont nombreuses : le travail (52,5 %), les facteurs psychologiques comme le stress ou l'anxiété (40 %), les enfants (27 %), les loisirs (21 %) et le temps de transport (17 %). »

Les vrais ennemis du sommeil

  • un rythme de vie décalé, avec des couchers tardifs et des activités excitantes (boîtes de nuit, concerts de musiques amplifiées, télé, consoles…)
  • la consommation de substances excitantes (café, thé, coca, nicotine) trop près de l'heure du coucher
  • les médicaments ou drogues contenant des substances stimulantes ou éveillantes
  • le stress et la pression scolaire, sociale ou affective
  • le bruit
Le saviez-vous ?
Balzac n'a pas écrit que Le père Goriot, il a aussi produit un Traité des Excitants Modernes. Il parlait d'expérience avec une consommation quotidienne de 30 cafés !

Les bons amis du sommeil

  • un rythme de vie régulier
  • une heure de coucher constante avec un rituel calme et agréable (lecture…) et sans activités stressantes
  • l'option relax avant de se coucher : prendre un bain deux heures avant le coucher, musique douce, yoga, tisane. Ca fait un peu mamie mais ça marche !
  • la non-consommation de substances excitantes
  • une sieste d'environ 20 minutes ou une grasse matinée les jours de repos
Le saviez-vous ?
À propos des rêves érotiques : tout le monde en fait, en a fait ou en fera ! C'est un signe de bonne santé. Les rêves ont pour mission d'entraîner le corps et le cerveau aux fonctions indispensables à la survie de l'espèce. C'est ainsi que votre labrador qui n'a jamais quitté le canapé rêve qu'il attrape un faisan. C'est ainsi que, pendant le sommeil, les garçons ont des érections et les filles des sécrétions vaginales. Pour Freud, les rêves jouent aussi un rôle de compensation et satisfont les pulsions inconscientes. Leur interprétation est codée et l'inconscient ne livre pas les clés facilement.